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  • : la vie des bêtes ou des plantes racontée à ma façon (donc très interprétée et sûrement fausse) comme prétexte pour montrer mes macrophotos. La nature en photos comme vous ne l'avez encore jamais vue.
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Vendredi 15 décembre 2006

Ma vie est bien étrange…

Je suis souvent attendue, mais dès que j’arrive, tout le monde me déteste.

« Sale temps, vivement que le soleil revienne ! », disent-ils.

Alors, ne vous étonnez pas si je me fais de plus en plus rare…

 

 

 

Je suis bénie par les Dieux. Mais, rejetée par les cieux, ma vie terrestre est brève et mon trépas douloureux.

 

Ma destinée est de disparaître dans les profondeurs de la terre ou brûlée jusqu’au dernier atome.

  

 

 

Le soleil, maudit soit-il,  me tue lentement.

Cet amant possessif m’étouffe lentement sous ses baisers brûlants. C’est pourtant pendant cette unique étreinte que ma beauté est la plus éclatante.

  

 

Ne croyez pas que ma vie soit un calvaire.

 

Mes joies sont immenses lorsqu’une fleur joue avec mes reflets…

 

 

… ou me propose son cœur pour écrin. Cette douce intimité, cette tendre complicité nous ont valu bien des admirateurs.

  

 

 

Les poètes  m’ont beaucoup chanté, sur tous les tons.

 

Certains ont vu en moi de la tristesse, un cœur brisé, une déchirure, une unique larme au coin des pétales.

  

 

 

Les moins fortunés ont rêvé de joyaux, de perles rares, de rivières diamant aux cous de femmes splendides et inaccessibles.

  

 

 

Et bien sûr, les plus coquins ont déliré sur une féminité offerte, disponible, prête à tous les émois.

  

 

 

Mais ma beauté éphémère, objet de bien des phantasmes, ne doit pas vous faire oublier le principal :

JE SUIS LA VIE ! 

 

Et sans moi, tout n’est que poussière !

 

 

 

Alors, un peu de considération, s’il vous plait !

 

 

par rene publié dans : le sexe des plantes
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Mercredi 22 novembre 2006

Notre amour a brûlé aux premiers grands jours et il n'en est rien resté. Adieu notre complicité d'antan. Pour une goutte de rosée nous nous déchirons. Et petit à petit, nous nous étiolons.

 

 

Moi, le mécréant, j'en suis même arrivé à aller brûler des cierges pour que enfin notre amour renaisse.

 

 

Le Sage du jardin m'a dit : "Va voir l'Oracle, lui saura t'aider. Attention, cependant, ses propos sont parfois obscurs et il faut savoir les interpréter. Mais lui seul peut t'aider. Va voir l'Oracle !".

J'ai patienté longtemps, debout au soleil, dans une queue interminable de malheureux.

Enfin, je suis arrivé devant Lui et, tout tremblant, je lui ai exposé notre problème.

 

 

Longtemps, il a gardé le silence. Puis, dans un gargouilli à peine audible, il a balbutié :

 

"Laisses pleurer les joufflues.

Lorsque les sens s'éveilleront, patiente encore.

Aux perles rougissantes,

le soleil montre sa force et la lune s'en émeut.

De la sève revenue, dans la douceur du jour, l'amour remontera."

 

Que faire de ce charabia ? Au plus profond du désespoir, j'ai réfléchi...

"Laisses pleurer les joufflues...

 

Lorsque les sens s'éveilleront, patiente encore.

 

Aux perles rougissantes,

 

Oui, oui, j'ai compris, c'est la fin de l'été !

le soleil montre sa force...

 

C'est moi, ça, c'est moi ! Au mon dieu, je l'aime ! J'ai envie...

... et la lune s'en émeut.

Elle aussi, elle aussi !!!!

De la sève revenue, dans la douceur du jour, l'amour remontera.

 

 

Nous avons fait plein de petits boutons !

C'est merveilleux, c'est l'automne !

Qu'il est doux d'être un rosier remontant !

par rene publié dans : le sexe des plantes
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Vendredi 10 novembre 2006

Renfrognée...

 

 

... et méchante,

 

 

je suis la terreur du jardin.

Rien à voir avec ces amateurs qui n'ont que quelques épines pour jouer aux durs à cuire.

 

 

Moi, je donne dans l'insidieux, la médisance, la terreur psychologique. Je déteste tout le monde et tout le monde me fuit. Mais personne ne m'échappe.

Je déteste toutes ces gnangnans de fleurs qui se croient belles parce qu'elles ont des couleurs, qui se croient aimées parce qu'elles sont courtisées par les insectes.

Mais ce que je déteste par dessus tout, c'est ces grosses sucrées, pleines d'assurances, toutes fières d'arborer leur ventre coloré et rebondi.

 

 

Alors là, je mets le paquet ! Jour comme nuit, je distille mon fiel, je leur dis des horreurs, je les monte les unes contre les autres. Plus de repos pour elles.

Petit à petit, elles perdent leur belle prestance, elles blêtissent avant l'heure.

Quelle joie quand leur peau craquelle et que les moucherons accourent dans la plaie pour se goinffrer de leurs sucs.

 

 

Après, c'est tout simple...

Elles pourrissent

 

 

... ou se déssèchent,

 

 

et tombent !

Oui, là, je prends mon pied. Bien mieux que quand une abeille vient me visiter. Haaaa, que c'est bon, la méchanceté !

par rene publié dans : le sexe des plantes
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Jeudi 5 octobre 2006

"Ma soeur s'est mariée..., avec mon beau-frère !". Il était temps ! Je dois reconnaitre qu'il est pas mal...

 

 

Ce fut un beau mariage. Ma soeur s'est mariée en blanc. Elle y tenait beaucoup !

 

 

Mon beau-frère avait bien fait les choses. Pour les fiançailles, il avait offert à ma soeur une perle de rosée de la plus pure eau.

 

 

Toute la famille était là, ainsi que les amis du jardin. Ma soeur s'est mariée à l'Eglise. Elle y tenait beaucoup. Elle est très croyante et on rigole pas avec ces choses-là ! (surtout en ce moment...). Le tapis était déroulé. L'harmonium pédalait à fond. Ce fut une entrée très solennelle.

 

 

Le curé a fait un (très) long discours sur les liens sacrés du mariage et la fidélité ("ya pas de chouia !").

 

 

Là, j'ai bien vu, mon beau-frère a un peu pâli. Un moment, j'ai cru qu'il allait se sauver à toutes tiges... Ma soeur l'a regardé d'une drôle de façon et il a rentré la tête dans les épaules, vaincu.

maman a tiré sa larme, bien entendu...

 

 

La cérémonie était presque finie, l'oncle Alphonse est enfin arrivé, très en retard comme d'habitude, tout suant, tout ébourifé.

 

 

L'oncle Alphonse, c'est un sacré numéro. C'est le bout-en-train de la famille. Du coup, on l'invite partout et partout, il arrive en retard. ça fait partie de son charme, qu'il dit...

Plus tard, au repas dans le jardin, c'est lui qui a retiré la jaretière de la mariée.

 

 

Un moment de fanche rigolade... On a mangé, on a bu, on a beaucoup dansé. Certains marchaient plus très droit à la fin.

 

 

Des amourettes sont nées, des couples se sont formés. De prochains mariages en perspective...

 

 

Sur les coups de minuit, les mariés se sont éclipsés discrètement dans un massif touffu et on en a plus entendu parler jusqu'au matin.

Ma soeur a fait un beau mariage ! Tout s'est bien passé !

 

(Modeste hommage à Fernand Raynaud, bien sûr).

par rene publié dans : le sexe des plantes
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Jeudi 28 septembre 2006

Hè bien, voilà, Docteur... C'est un peu gênant, mais bon, je vous explique : il y a quelques semaines, je me suis laissée séduire par un gendarme...

 

Vous savez ce que c'est, le prestige de l'uniforme... Belle prestance, beau parleur en plus ! Bref, il est venu me visiter. Hè bien, il était pas très net, le gendarme ! Quelques jours plus tard, ça a commencé à me gratter. Il m'avait refilé des morpions, le salaud !

 

 

Je me suis dit que la pluie allait laver tout ça... Pas du tout ! ça s'est multiplié à une vitesse vertigineuse et maintenant, voyez !

 

 

En plus, ça gratte horriblement !

Docteur, faites quelquechose, vite !

 

(Bon, un peu limite, le sujet ! Mais, je me suis engagé à dire la vérité, toute la vérité sur la vie de mon jardin, alors...)

par rene publié dans : le sexe des plantes
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Samedi 16 septembre 2006
Au printemps, jeune et insouciante, j'étais fière de ma beauté et de tous les émois qu'elle suscitait. Tous les insectes du jardin recherchaient mes faveurs.

























Et moi, jeune écervellée, j'aguichais et me trémoussais avec nombre d'insectes qui me visitaient..



La fête fut brève, mon éclat a termis, mes pétales sont tombés et je suis restée seule avec mes regrets. Que vais-je devenir ?




Et bien moi, c'est tout pareil, et en plus, j'ai attrapé des maladies !




Protègez-vous, les filles, protègez-vous !
par rene publié dans : le sexe des plantes
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Mardi 12 septembre 2006

Trop, c'est trop ! Ces saletés d'insectes ont dépassé les bornes. En permanence mutilées...

 

 

pillées...

 

 

agressées jusque dans notre intimité...

 

 

nous, les fleurs, sommes en danger permament. Ces voyous, ces hooligans se repaissent de nous jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien.

 

 

Pire, pour mieux nous humilier, certains viennent se vautrer et faire leurs saletés aux endroits les plus tendres de notre féminité.

 

 

Alors moi, l'humble plumbago, j'ai décidé que cela devait cesser. Chères consoeurs de misère, venez vous réfugier derrière mes barricades.

 

 

Si un de ces misérables tente de les escalader, nous lui verserons des jets de sève brûlante sur la tête. Ces bandits regardont à deux fois avant de nous agresser à nouveau...

par rene publié dans : le sexe des plantes
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Mercredi 16 août 2006

Sale temps. Y fait froid, y fait du vent, y pleut un peu, pourquoi pas d'la neige au mois d'août tant qu'on y est ?

 

 

M'en parlez pas, ma bonne dame. Avec toutes les fusées qu'y  z'envoient en l'air, y sont en train de tout détraquer.

 

 

Du coup, y'a personne pour m'butiner. C'est-y pas un scandale, ça ?

par rene publié dans : le sexe des plantes
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Jeudi 10 août 2006

Seule, je suis toute seule dans cet immensité, perdue, abandonnée.

 

 

Adieu, le temps de ma jeunesse où on se bousculait pour m'admirer. Quest-ce que j'étais fière, qu'est-ce que j'étais bête...

 

Que c'est triste. On dirait un roman de Barbara C.

Vite, un mouchoir !

 

par rene publié dans : le sexe des plantes
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Vendredi 16 juin 2006

Ouh, ça me fait des frissons partout, ce syrphe qui titille mon petit bouton ...

 

 

Oh oui, encore, encore !!!!!!

par rene publié dans : le sexe des plantes
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